I. Divisibilité dans ℤ
Définition
Soient a, b ∈ ℤ avec b ≠ 0. On dit que b divise a, noté b | a, s'il existe k ∈ ℤ tel que a = k·b.
On dit aussi que a est un multiple de b, ou que b est un diviseur de a.
Propriétés
- 1 | a et a | a pour tout a ∈ ℤ*.
- Si a | b et b | c, alors a | c (transitivité).
- Si a | b et a | c, alors a | (αb + βc) pour tous α, β ∈ ℤ (combinaison linéaire).
- Si a | b et b | a (a, b non nuls), alors |a| = |b|, soit a = ±b.
- Si a | b et b ≠ 0, alors |a| ≤ |b|.
II. Division euclidienne dans ℤ
Théorème
Pour tous a ∈ ℤ et b ∈ ℕ*, il existe un unique couple (q, r) ∈ ℤ × ℕ tel que :
a = bq + r avec 0 ≤ r < b
q est le quotient et r le reste de la division euclidienne de a par b.
Exemple
Pour a = −17 et b = 5 : −17 = 5·(−4) + 3 avec 0 ≤ 3 < 5. Donc q = −4 et r = 3.
III. Congruences modulo n
Définition
Soit n ∈ ℕ*. On dit que a et b sont congrus modulo n, noté a ≡ b [n], si n divise (a − b), c'est-à-dire si a et b ont le même reste dans la division euclidienne par n.
Propriétés des congruences
Soient a, b, c, d ∈ ℤ et n ∈ ℕ*. Si a ≡ b [n] et c ≡ d [n], alors :
- a + c ≡ b + d [n] (somme)
- a − c ≡ b − d [n] (différence)
- a·c ≡ b·d [n] (produit)
- ak ≡ bk [n] pour tout k ∈ ℕ (puissance)
Attention : on ne peut pas toujours diviser les congruences. a·c ≡ b·c [n] n'implique pas a ≡ b [n].
Applications
- Reste d'une puissance : calcul efficace de an mod p.
- Critères de divisibilité : par 3 (somme des chiffres), par 9, par 11, etc.
- Équations diophantiennes : résolution modulo un nombre bien choisi.
IV. PGCD (plus grand commun diviseur)
Définition
Soient a, b ∈ ℤ non tous deux nuls. Le PGCD de a et b, noté pgcd(a, b) ou a ∧ b, est le plus grand entier positif qui divise à la fois a et b.
Algorithme d'Euclide
Si a = bq + r avec 0 ≤ r < b, alors pgcd(a, b) = pgcd(b, r).
On itère jusqu'à obtenir un reste nul : le dernier reste non nul est le pgcd.
Exemple — pgcd(84, 30)
84 = 30·2 + 24 ⇒ pgcd(84, 30) = pgcd(30, 24)
30 = 24·1 + 6 ⇒ pgcd(30, 24) = pgcd(24, 6)
24 = 6·4 + 0 ⇒ pgcd(24, 6) = 6
Donc pgcd(84, 30) = 6.
Propriétés
- pgcd(a, b) = pgcd(|a|, |b|)
- pgcd(ka, kb) = |k|·pgcd(a, b) pour k ∈ ℤ*
- pgcd(a, 0) = |a|
- pgcd(a, b)·ppcm(a, b) = |a·b|
V. Théorème de Bézout
Identité de Bézout
Pour tous a, b ∈ ℤ non tous deux nuls, il existe u, v ∈ ℤ tels que :
au + bv = pgcd(a, b)
Théorème de Bézout (forme caractéristique)
Deux entiers a et b sont premiers entre eux (pgcd(a, b) = 1) si et seulement si il existe u, v ∈ ℤ tels que au + bv = 1.
Algorithme d'Euclide étendu
Pour déterminer u et v explicitement, on « remonte » les divisions successives.
VI. Théorème de Gauss
Théorème
Soient a, b, c ∈ ℤ. Si a | bc et pgcd(a, b) = 1, alors a | c.
Corollaires
- Si pgcd(a, b) = 1 et a | n, b | n, alors ab | n.
- Si a | c, b | c et pgcd(a, b) = 1, alors ab | c.
VII. PPCM (plus petit commun multiple)
Définition
Le PPCM de a et b (non nuls), noté ppcm(a, b) ou a ∨ b, est le plus petit entier strictement positif multiple à la fois de a et de b.
Relation fondamentale
pgcd(a, b) × ppcm(a, b) = |a × b|
VIII. Nombres premiers
Définition
Un entier p ≥ 2 est premier s'il n'admet que deux diviseurs positifs : 1 et lui-même.
Exemples : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, ...
Lemme d'Euclide
Si p est premier et p | ab, alors p | a ou p | b.
Théorème fondamental de l'arithmétique
Tout entier n ≥ 2 s'écrit de manière unique (à l'ordre près) comme produit de nombres premiers :
n = p1α1 · p2α2 · ... · pkαk
Théorème (Euclide)
L'ensemble des nombres premiers est infini.
Test de primalité
Pour vérifier que n est premier, il suffit de vérifier qu'il n'est divisible par aucun nombre premier p ≤ √n.
Exemple : pour tester 97, on vérifie les premiers p ≤ √97 ≈ 9.8 : 2, 3, 5, 7. Aucun ne divise 97 ⇒ 97 est premier.
IX. Équations diophantiennes ax + by = c
Critère de résolubilité
L'équation ax + by = c (a, b, c ∈ ℤ, (a, b) ≠ (0, 0)) admet des solutions entières si et seulement si pgcd(a, b) | c.
Méthode de résolution
- Calculer d = pgcd(a, b). Si d ne divise pas c : pas de solution.
- Sinon, diviser toute l'équation par d pour se ramener à a'x + b'y = c' avec pgcd(a', b') = 1.
- Trouver une solution particulière (x0, y0) par Bézout.
- Solution générale : (x, y) = (x0 + b'k ; y0 − a'k) pour k ∈ ℤ.